« Personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles » – Sophocle

Il y a un an et une semaine, le corps sans vie d’Alan Kurdi était battu par le ressac sur une plage de Bodrum. Nilüfer Demir immortalisa l’instant et sa photo fit le tour du monde, de comités de rédaction en comités de rédaction, puis d’écrans de télévision en façade de comptes twitter, ébranlant d’indignation les consciences les plus endormies qui jusque là s’assoupissaient devant les vidéos de radeaux surchargés à la lutte contre les vagues méditerranéennes.
Durant la semaine qui suivit, l’émotion fut telle qu’on aurait pu croire que les nations européennes se réuniraient autour d’une grande table ronde pour résoudre le problème des migrants, ou provisoirement celui de ces traversées suicidaires sur des radeaux d’infortune. Au milieu de ce sursaut humaniste, il y avait quelques chuchotements qui ne voulaient pas dire que franchement peut-être qu’on nous prenait pour des cons avec la pose à la fois paisible et morbide du gamin, voire on sentait vrombir la vomissure particulièrement putride de quelques conspirationnistes en permission.
Aujourd’hui ça fait donc un an et tout cela semble loin. Plutôt que de résoudre le problème des migrants, on a préféré le déplacer en Turquie. Plutôt que d’enrayer l’économie parallèle qui envoie des hommes crever aux portes d’un continent peu enclin à les recevoir (de 500 à 7 000 euros le voyage – voire 40 000 euros quand certaines Nigérianes doivent se prostituer à cette hauteur pour rembourser les 3 000 euros du passage – avec des options du type 170 euros le gilet de sauvetage, 250 euros le coup de téléphone satellite, avec un minimum de 200000 candidats en 2014, plus d’un million en 2015, il s’agit d’un marché qu’on peut estimer à la louche entre cinq cent millions et huit milliards d’euros, le genre de sommes qui ne passent pas inaperçues) il a été décidé de se réunir autour de quelques téléphones pour taper depuis le ciel, un ennemi terré au milieu des civils. Logique quand on sait que la Syrie est le point de départ d’un migrant sur quatre… C’est étonnant parce que parler de chiffres n’est pas sale : avec le seul pécule de ces réfugiés on pourrait organiser leur migration, voire développer et pacifier leurs terres de départ. On m’a répété toute ma jeunesse que s’il n’y a pas de receleur, il n’y pas de voleur, et je continue d’y croire : faire la chasse aux passeurs, à ceux qui maîtrisent une économie de plusieurs milliards en se souciant peu de la matière première de leur industrie aurait sûrement des effets plus sensibles sur le sort de ces âmes en quête d’un rêve. Cette idée vous pouvez la transposer à la lutte contre l’Etat Islamique, à savoir qui leur rachète du pétrole, qui leur fournit Internet, qui leur livre des pizzas…
Je ne vous ennuierai pas longtemps avec le concept qui tient à sensibiliser le monde de manière virale, avec une photo, un hashtag et cent quarante caractères, il ressemble à peu de choses près à coller un pansement sur une jambe de bois. Je n’insisterai pas sur le fait qu’Alan est un enfant parmi tant d’autres, je l’ai déjà fait. Je ne me répéterai pas comme une petite vieille au crépuscule de son disque rayé, à prétendre que l’opinion publique, c’est le « on » impersonnel qui permet de justifier toutes les décisions politiques les plus contestables. Je n’ajouterai pas que maintenant que l’opinion publique peut parler comme une grande décomplexée sur les réseaux sociaux pour dire tout et son contraire, au prétexte que le net est un espace de liberté sans précédent, on se permettra de justifier tout et son contraire sans aucune vergogne.
A la fin du bal quand on paye les musiciens, qu’on verse ce qu’on doit à la SACEM, qu’on nettoie la pièce et qu’on rend les clés de la salle des fêtes que reste-t-il ? Que ce gamin mort sur cette plage a sorti le monde de l’indifférence cinq minutes, sans empêcher d’autres gamins de prendre la mer. Au contraire il a accéléré une politique de destruction massive de zones de guerre, où chasser le Pokémon relève du suicide collectif, poussant des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sur les routes et les flots.
Cinq minutes de sensibilisation du monde, pour pas grand chose au final.

Qu’une photo provoque une réaction internationale n’est pas nouveau. Dans un magazine pour enfants qui tentait de résumer l’année 68, j’ai découvert très jeune par les images, le drame des Biafrais, ces gamins faméliques en troupeau derrière des grilles barbelées. En lisant un dossier sur le Vietnam, j’ai vu les larmes de la fillette brûlée au napalm, sa course nue, comme une copie du Cri de Munch. Puis j’ai vécu quasiment en direct l’agonie d’Omayra Sánchez, ses yeux injectés de sang se répétant sur l’étal à journaux. Les photos sont devenues des images à la télévision : ce gars devant les chars à Tien An Men, ce gars qui tombe du World Trade Center, ce gars dont les pieds dépassent du brasier où prit fin son lynchage à Nosy Bé. Des images comme pour dire ce qu’il n’y a pas lieu de raconter. L’idée est noble parce qu’au premier abord tout simplement efficace, et Confucius bien avant d’avoir les moyens de s’acheter le dernier Nikon aurait dit qu’une image vaut mille mots.
Mais notre époque est si disproportionnée en vague d’émotions, en viralité du superficiel, que la mort d’Alan Kurdi s’est transformée l’espace d’une journée en foire d’empoigne. En une semaine à peine, on avait déjà disséqué la photo, assuré qu’il ne s’agissait pas d’une mise en scène, expliqué ce que la photographe faisait sur cette plage, expliqué froidement pourquoi les photos de Galip le grand frère étendu cent mètres plus loin contre les rochers n’auraient pu causer de l’émoi. Dans le même temps on avait défendu tous les arguments contraires avec la même véhémence.
La vérité, c’est qu’on peut faire dire n’importe quoi à une photo. En 2006 Giacomo Pirozzi capture l’image de Fouzia, petite bergère marocaine. Elle illustrera les pages d’un dossier de l’UNICEF sur le travail des enfants. Dix ans plus tard, il y a deux semaines, pour plusieurs médias internationaux elle devient Najat Vallaud-Belkacem, la bergère de l’Atlas devenue ministre de la République. Il y a un an, sur CNN une photo de Frank Ribéry en pleine séance de traitement par le froid servait d’illustration à un article sur la mort accidentelle d’une femme dans une cabine de cryothérapie.
La vérité c’est qu’une photo ne suffit pas, et c’est ce que Confucius voulait peut-être nous dire : qu’il ne faut pas laisser traîner une photo sans l’accompagner d’au moins mille mots.

Ma première grande émotion pour une photo de presse, je l’ai eue pour la couverture de Match s’éparpillant au hasard des numéros sur un étal, je devais avoir un peu plus de dix ans, et je pensais surtout au prochain Noël : Omayra Sanchez et son regard noir, injecté de sang qui semblait lui avoir caillé dans le blanc des yeux. En couverture, on lisait « Adieu Omayra, celle qu’on n’oubliera jamais »… c’est peut-être là que je suis devenu le saint patron de ceux qu’on n’aurait jamais dû oublier. Suite à l’éruption du Nevado del Ruiz, le vieux lion endormi de Colombie, la neige, les cendres, en boues mêlées se déversèrent sur sa maison et sur 20 000 autres victimes. Coincée sous un pan de mur, la taille déchirée sous une barre de fer, les membres de sa famille mourant tous les uns après les autres autour d’elle, la gamine de treize ans s’éteindra en soixante heures de télédiffusion. Dans son calvaire, elle pense à l’année scolaire qu’elle va manquer, elle demande à sa mère, si elle la voit, de prier pour elle. Elle a à peu près mon âge. A dix ans, ces trois ans d’écart font une grosse différence, mais elle a à peu près mon âge. Franck Fournier le photographe n’assiste qu’aux trois dernières heures de ses souffrances. Il saisit l’instant.
Même à dix ans on échappe pas à la violence de la chose, à cette envie de baffer celui qui l’a emprisonnée sur la pellicule de son argentique. Mais en même temps, on se rend bien compte que s’il ne l’avait pas fait, on ne vivrait pas ce sentiment de compassion étrange, inhabituelle et sincère pour une petite fille, là-bas, très loin. Pour beaucoup d’historiens amateurs de la photo de presse, la photo d’Omayra marque un instant charnière, celui où on commencera à traiter de charognards les photographes de guerre et du malheur, tout en les couronnant de prix prestigieux. Alors que Nick Ut avait déjà révulsé une partie de l’opinion publique – encore elle ! – avec sa petite vietnamienne brûlée au napalm. Alors que Shakespeare avait déjà glissé dans Antoine et Cléopâtre un petit « Les mauvaises nouvelles sont fatales à celui qui les apporte », et un autre « don’t shoot the messenger » dans Henri IV. Sophocle déjà dans Antigone rappelait que « personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles ».
C’est donc aussi pour le messager qu’une photo ne peut pas être délivrée sans au moins mille mots.

Il y a par exemple ce cliché du Sud-Africain Kevin Carter qu’on connait sous ce nom : La Fillette et le Vautour.

Famine In Sudan

C’est une photo qui pourrait presque se passer de commentaires. Publiée en mars 1993 dans le New York Times en accompagnement d’un reportage de Donatella Lorsch sur la deuxième guerre civile soudanaise, elle est accompagnée d’une légende qui explique que la petite fille s’est effondrée sur le chemin du centre de secours alimentaire à Ayod. Derrière elle, un vautour attend son heure. La photo soulève les passions, bien plus que l’article. bien plus que la guerre au Soudan elle-même. Des milliers de lettres arrivent au New-York Times, autant pour se renseigner sur ce qu’est devenue la petite fille que pour pointer du doigt le salopard qui a pu prendre cette photo sans chasser le charognard. La photo marque les esprits sur la situation au Soudan, certes, mais sans réellement ni profondément changer les choses. Oui, certes, on prend conscience qu’il existe un vague triangle de la famine où les hommes de l’ONU ne peuvent plus convoyer de vivres, on admet qu’une guerre y gronde. Oui, certes, ça fait une chanson de Souchon qui fera sourire les passants, c’est déjà ça. Mais c’est comme d’avoir pu croire ou ne serait-ce qu’espérer qu’Alan Kurdi l’enfant vomi par la mer changerait quelque chose au sort de ces personnes aux vies si pleines de désespoir que leurs seuls espoirs consistent à franchir la mer avec toute la fortune d’un village pour affronter la loterie des vagues. Cette photo, elle vous bouleverse. Et puis elle vous envoie votre inutilité à la gueule. Parce que votre bouleversement personnel, ce vautour n’en a rien à foutre ! Et cette fillette, elle n’en entendra même pas parler !
Combien de ces photos ont-elles vraiment changé le cours des choses ? Combien sont-elles qui ont pu enrayer le mécanisme implacable de la catastrophe qu’elles tentaient d’annoncer ou de dénoncer ? Combien sont-elles qui ne servent plus qu’à illustrer des Top 10 Topito des photos qui ont marqué l’Histoire ? Elles ressemblent au final à ce qu’elles sont. Des illustrations.
La photo de Carter décroche le Pulitzer, et quelques mois plus tard, le photographe met fin à ses jours en s’asphyxiant dans son garage ne laissant qu’une lettre dont ces mots : “I am haunted by the vivid memories of killings and corpses and anger and pain… of starving or wounded children” , je suis hanté par les souvenirs vifs des tueries, des cadavres, de la colère et de la souffrance… des enfants affamés…

Il y a la Tartufferie, celle qui consiste à demander de cacher ce cadavre ou cette misère qu’on ne saurait voir. Il y a l’Indifférence, il y a l’Hypocrisie ou l’Egoïsme. Autant de visages qui se cachent sous les mêmes critiques qui accompagneront longtemps encore ces photos qu’on avance quand les mots n’ont plus rien à dire. La deuxième guerre civile du Soudan, c’est pèle-mêle 2 millions de morts, 4 millions de déplacés, une paix qui se signe en déclenchant la guerre au Darfour, et même dans Wikipedia, l’espace sans limite du remplissage interdisciplinaire, on ne retrouve qu’un vide interstellaire pour expliquer ce qui a bien pu se passer entre 1983 et 2005 ! Il n’y a que cette photo pour résumer le tout, et pour tourner le regard ailleurs parce qu’il n’y a rien d’autre à faire, faire le procès du photojournalisme et conclure rapidement : Kevin Carter a abandonné cette gamine à son sort et ses remords l’ont achevé.
En 2010 les comités de rédaction espagnols se battent sur la pertinence d’une photo pour illustrer l’épidémie de choléra qui frappe Haïti quelques mois après le violent tremblement de terre qui ravagea le pays. La photo est celle d’une femme nue gisant sur le sol face au mur décrépi de ce que la légende dit être l’hôpital de Port-au-Prince où sont traités les malades du choléra. Parce que le choléra en Haïti n’a pas place dans la presse et les chiffres même affolants n’y font rien : plus de 18000 hospitalisations en moins de trois semaines, 1100 morts, des prévisions de l’ordre de 10000 morts et de 200000 malades pour les six à douze mois à venir, une ONU dépassée et des affrontements entre civils et Casques Bleus… Tout le monde s’en fout, jusqu’à cette photo de l’AFP qui marque les unes espagnoles et canadiennes. Il faut tout l’abject de la pose, la nudité à même le sol de cette malade, l’indifférence de la rue pour dire que c’est la merde. Il est tellement plus facile de photographier les conséquences d’un tremblement de terre, celles d’un typhon ou l’effondrement d’une usine sur des petits bengalis. C’est de la nature morte, d’autant plus quand on y voit pas de mort. La famine, les épidémies, ça grouille encore de vie, une vie pestilentielle et nauséabonde. Cette femme a dans son regard cet espoir inutile et cruel.
Et là après coup on apprendra qu’elle n’avait pas le choléra. Elle n’était pas malade, mais la misère qu’elle portait dans ses entrailles aurait pu illustrer n’importe lequel des fléaux qu’Haïti aurait bien voulu accueillir. Comme un hallucinant matériau brut qui ramène la chair à ce qu’elle est, un produit avec un soupçon d’humanité pour marchands de papiers.

Mais qu’importe, c’est à cet instant qu’Alberto Rojas d’El Mundo décide d’en savoir plus sur La Fillette et le Vautour. Parce qu’une photo vaut bien mille mots et que sur ce point même si Confucius pensait dire le contraire, il n’a pas tort. Une photo n’est qu’un mensonge si on ne connaît pas le hors-champ, si on ne traîne pas dans les coulisses, si on ne peut pas la raconter. Qui a déjà fait des soirées diapo sans passer son temps à expliquer les photos ? Qui a déjà revisité ses albums sans se remémorer les souvenirs qui les accompagnent ?
Alberto Rojas part sur les traces de Kevin Carter le photographe mort seize ans auparavant. Il interroge ses amis, il agence les chapitres de son histoire. Il redécouvre le jeune homme qui tenta d’immortaliser la violence de son pays, l’Afrique du Sud de la fin de l’Apartheid, en fondant une association de photo-reporters le Bang Bang Club : supplices aux pneus brûlés, lynchages à la machette, émeutes réprimées dans le sang… Bang Bang, c’est le nom qu’on emploie dans les townships pour décrire toutes les violences subies par la communauté. Les premières impressions de Rojas ne sont pas glorieuses. Carter est un témoin neutre derrière son appareil photo et les clichés s’en ressentent : violents, crus, insoutenables. Il était atterré par ce qu’il voyait. Il était atterré par ce qu’il faisait. Mais il ne pouvait s’empêcher de le faire. Toujours sur le fil entre l’horreur et l’importance de montrer l’horreur, le tour du monde d’une de ces photos de necklacing le fait basculer dans une hantise qui ne l’abandonnera jamais. Le necklacing c’est poser un pneu rempli d’essence autour de sa victime et y mettre le feu. Dès lors le phénomène se multiplie et Kevin Carter ne peut s’empêcher de se demander si d’avoir pris cette photo n’a pas rendu possibles d’autres necklacings qui n’auraient jamais eu lieu, y compris ailleurs, loin, au Brésil ou au Sri Lanka. Mais il ne peut s’empêcher de continuer de saisir la violence sur l’instant, y compris quand il se rend au Soudan en 1992. Ce que Rojas apprend des proches du photographe laisse à penser que lors de son fameux cliché de la fillette et du vautour, il a tourné les talons après avoir saisi l’image.
Rojas part au Soudan à son tour. Il reprend les chemins de Carter dix-sept ans avant lui. Il retrouve ses guides, ses amis sur place, dont un qui lui donne les détails du cliché. L’enfant était là et le vautour derrière, et Kevin Carter a attendu. Il a attendu que le vautour s’approche plus encore. Il attendu qu’il ouvre les ailes, il a attendu un instant plus brutal encore qui n’est jamais venu. Puis il a pris sa photo et a tourné les talons. L’enfant est resté là et le vautour derrière, refusant de prendre la pose ultime. A quelques pas des deux, la tante de l’enfant était là, elle faisait la queue pour les rations humanitaires de Médecin du Monde. Elle a repris l’enfant et ils sont repartis.
Des vautours, il y en avait plein autour d’Ayod et aucun n’a jamais mangé d’enfant. Ils faisaient partie du décor. Rojas l’apprend en se rendant dans ce village où les années de famine ont laissé des hommes et des femmes chétifs mais en vie. A la vue de la Fillette et du Vautour, tous sont étonnés, ils n’ont jamais vu cette photo mais tous reconnaissent l’enfant, Kong Nyong, un garçon du village. D’ailleurs, si Rojas était venu quatre ans plus tôt, il aurait pu lui parler, mais Kong Nyong a depuis été emporté par le paludisme. Un autre drame parsemé d’indifférence, qui n’a pas encore eu sa photo choc, parce que personne n’a jamais su photographier la fièvre.

A posteriori, Kevin Carter s’est suicidé parce qu’il était hanté par mille autres morts qu’une fillette qui était un garçon épié par un vautour qui n’avait pas l’intention de le dépecer. Il avait tenté plusieurs fois de mettre fin à ses jours, bien avant de mettre les pieds au Soudan. Il n’aurait rien pu faire pour Kong Nyong qui n’était déjà fait, qu’attendre le cliché qui braquerait les projecteurs du monde sur un pays dont le monde entier se foutait. Qu’importe le messager si personne ne l’aime. Peut-être que Kevin Carter ne s’aimait plus.
Le mensonge n’était même pas dans le photo, ni dans son hors-champs. Il était dans la légende du New-York Times, puisque à l’image aucune petite fille ne s’est effondrée sur le chemin du centre de secours et que le vautour ne faisait que passer par là.
Le mensonge était de croire qu’une photo changerait le monde. Et d’oublier ce qu’un autre photographe avait glissé dans un catalogue d’exposition qu’« à l’avenir chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale ». Pas juste les stars de la télé-réalité ou les acteurs à trois balles d’un film pour ados. Mais le Soudan. Alan Kurdi. Donald Trump. Après, toutes ces histoires de temps c’est juste une question de relativité. Quinze minutes peuvent parfois durer deux jours, une semaine, ou quatre ans.

Post-scriptum : il n’y a que deux photos pour illustrer cet article. Toutes les autres, vous les trouverez facilement, ou vous ne les chercherez pas. Je n’avais pas le temps de glisser plus de mille mots pour chacune. Ni d’ajouter un peu plus de noirceur à chaque paragraphe. Il faudrait tout un blog pour ça, et pas celui-ci. Il n’y a que deux photos donc, celle de la Fillette et du Vautour. Et celle qui trône au-dessus de cet article. Elle s’appelle Mort à la porte du Paradis. Il ne tient qu’à vous de trouver ce qu’elle racontait déjà, quinze ans avant qu’Alan Kurdi ne se noie.

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